En ce jour la belle Isabelle
Mire son reflet dans la glace,
Les yeux allongés de gazelle,
Le velours des lèvres vivaces.
Elle sait bien que nul ne surpasse
En majesté telle stature,
En suavité sa chevelure.
Le miroir se trouble en surface.
C'est mortifiée qu'Isabelle
Perçoit que sa joue se crevasse.
Son cou se recouvre d'ocelles,
Son poignet d'une carapace,
Elle n'est bientôt que carcasse.
Son visage se défigure,
Tout son corsage se fissure.
Le miroir se trouble en surface.
Dans son désespoir Isabelle
Arrache ses cheveux filasses,
Même des fragments de cervelle
Se laissent choir dans sa tignasse.
Voilà que de sa panse grasse
Se répandent des moisissures,
Bouts de viande, brunes bavures.
Le miroir se trouble en surface.
Mesdames, sachez qu'est fugace
La beauté sous toutes coutures.
Avec le temps, soyez-en sûres
Le miroir se trouble en surface.
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